Ultra Raid de la Meije

21 septembre 2014

Une Ultra versée de plaisir !! 
Ça va aller comme titre pour dire simplement comment j'ai apprécié. C'est valable pour tous j'en suis sur, parmi ceux qui ont tenté l'aventure alpine.

Redescente dans la plaine Toulousaine avec l'esprit encore haut placé dans les nuages.

L'Ultra Raid de la Meije. 
Encore une fois le vtt trouve tout là-haut une saveur toute particulière.

En 2013, c'était une splendide découverte. Cette année c'est à nouveau un weekend parfait pour profiter d'un site exceptionnel à travers une épreuve qui mérite toute l'attention du monde du vtt, mais qui sait aussi rester simple et conviviale.

Elle va certainement gagner à être encore plus reconnue comme une épreuve qui associe des sommets de plaisir en même temps que des montagnes de difficultés. Ce qui exige en quelque sorte d'être sur un pic de forme pour arriver à vaincre ce défi ultra naturel qui vous est proposé maintenant depuis quatre ans.


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J'en suis pas encore à la version grand raid ultra, et pourtant j'aime assez ce genre de challenge.


Un prochain objectif lorsque j'y retournerai certainement dans le futur.
Il faut saluer ceux qui s'engagent sur la formule Elite avec comme objectif unique pour quatre vingt dix pour cent des candidats de vaincre les 110 km du parcours et plus encore les 5100 m de dénivelé positif.
Un raid sans équivalent certainement dans sa beauté et sa difficulté.
Vous avez aussi le mode Raid sur 100 km et sur 70 km pour ceux qui seront trop juste sur les diverses portes horaires du grand raid.

Mais pour l'heure, je me contente pour cette deuxième édition, de passer les sommets sur la formule deux jours.

C'est déjà un gros morceau, et surtout ça permet de conserver un plaisir dominant encore bien supérieur à la souffrance physique, tout au long de ces superbes sentiers.

Donc les ultras violets ont encore frappé. Je parle pas du soleil, qui a été présent malgré tout, mais de l'organisation qui arbore les maillots de cette belle couleur vive qui colle bien à ces paysages.




Embarquement le vendredi matin pour traverser le grand sud et remonter vers les sentiers au pied du village de La Grave.

Y a pas foule au club cette fois pour déplacer les montagnes. 
On devait se retrouver à cinq ou six pour l'aventuricime, dont Chouchen le Breton, Levens docteur es TransV et quelques riders raideurs du club amoureux des grands espaces hauts placés.
Finalement on est deux avec Fred, mais le weekend comme d'hab s'annonce prometteur en sensations.
Quelques averses sur la route, pour laver les vtt avant l'heure.
Sur place, on se retrouve dans ce décor alpin qui se rappelle à nos bons souvenirs.
La fin de journée passe rapidement entre les formalités d'usage pour terminer l'enregistrement et le briefing habituel de veille de départ.
Un peu plus de monde encore cette année pour défier les montagnes et défiler sur les sentes naturelles.
Environ 120 concurrents inscrits sur le Raid Elite et proche de 200 sur la formule Rando Raid en deux jours.
Je retrouve avec plaisir Laurent et Samantha (X Peria Bike à Toulon) avec qui on avait partagé les marches du podium l'an dernier sur la formule deux jours.

Sur l'aire de départ arrivée, point central de l'organisation, le plaisir domine déjà tout autant que le glacier de la Meije qu'on perdra pas beaucoup de vue tout au long de ce périple.


Pour le bivouac, on revient sur une valeur sure à quarante mètres du point central de l'organisation, au Gite du Rocher.

Sur place, les habitudes et les habitués reviennent. On y retrouve quelques amis Belges de 2013 et puis le quatuor organisateur de le Jean Racine vtt.
Quelques préparatifs pour le lendemain, le repas du soir et une courte période de sommeil léger on va dire.
Le changement cette année, c'est qu'il a flotté copieux une bonne partie de la nuit.
Bon ok... et à quatre heures du mat ? Pareil, il pleut encore !!
Le lever est poussif avec ce temps et faut bien dire inquiétant aussi.
Une heure plus tard, rien n'a changé hélas.



Le départ est maintenu par l'organisation. Signez là s'il vous plait, et vous verrez ça va aller :-)

Du fait du grand parcours, le départ est calé pour 6h du mat chaque année. Et il faut pour ça se rendre au village un peu plus haut à quatre bornes (Villar D’arêne).
Quelques courageux grimpent en vtt, pour nous se sera en voiture.
Au bout de la nuit, la journée est déjà clairement mal engagée, et la perturbation s'installe aussi dans les esprits.
Les maillots et tenues multicolores des participants ont laissés la place au jaune uniforme des k-way.


Chacun se presse sous les différents abris proches du départ.
Les dernières infos sur le temps du jour donnent de la pluie jusqu'à 8h et une belle fenêtre météo jusqu'au milieu de l'après midi ensuite.
Super tout ça ! Deux heures de pluie pour commencer la douce grimpette vers le Galibier, on va vivre une entame unique je pense.
Je sais pas si tous les inscrits sont présents mais en tous cas il y a du monde et la ligne de départ se remplit.
5h45, on est tous positionné sur la place autour de l'église et le ciel nous fait signe que c'est bon finalement. Il s'arrête de pleuvoir. Un étonnement qui se mélange avec une décrispation de soulagement.
Mais attendez car c'est pas finit l'histoire météo. On va pédaler donc deux jours ensuite avec le soleil plus ou moins présent, quelques nuages menaçants le samedi et dimanche, neuf ou dix gouttes de pluie (et j'exagère même) sur le plateau d'Emparis et puis plus rien, que dalle, même pas une petite averse pour refroidir le capot.
Mais le fin du fin, dimanche soir vers 18h par là, alors que tout le monde est bien rentré je suppose, entre parenthèse on est au chaud en train de siroter une glute eh bien on se ramasse une tempête orageuse qui ferait presque passer le Déluge pour une légère bruine. Oui c'est clair j'exagère encore, mais ça tombait épais c'est garanti.
Bon tout ça c'est juste incroyable, mais si vous demandez aux autres, ils vous diront pareil.
Inouï cet Ultra Raid de la Meije version 2014.
Bravo le monsieur météo de l'organisation, gardez le avec vous celui là !!

Bon c'est parti, la meute est lâchée comme prévu à six heures.

Les watts inondent rapidement les premiers sentiers. Plein de watts sur les casques et aussi dans les jambes, car là-bas y a même pas une minute de portion plate au départ.
Déjà c'est une course et c'est pas trop fait pour partir gentiment, mais en plus le positif c'est d'entrée et pour deux heures presque.
Les Elites d'abord c'est normal (plaque jaune) et de suite derrière sans temps morts les randos raids (plaque violet) à la journée ou en deux jours.
Fred (Pax) a choisit le mode guerrier sur l'Ultra 110, Bon courage !!
Pour moi, c'est plus soft sur les deux jours.
L'an passé on était parti en fond de grille sans trop se presser, ni faire de plan sur le classement (qui m'avait bien réussi au final), mais cette fois je suis devant pour pas lambiner d'entrée et tenter de faire aussi bien si je peux, voir mieux au niveau du temps au moins (c'est le même parcours à quelques petites exceptions).
Pour la place finale, on verra dans deux jours, mais ça dépend pas que de moi là :-)

Les départs à froid c'est mortel, mais je suis plutôt bien avec ma nouvelle monture. Oui cette fois j'ai emmené deux grandes roues avec un petit cadre entre les deux.

Par contre y zont oublié de me mettre un amorto je crois :-)
Argh !! Vive le passage à tabac montagnard.


Première bosse jusqu'au Lautaret avec six km de chemins et sentiers parfois lourdement inclinés vers le ciel. La nuit aide pas à percevoir le relief, mais les jambes le ressentent bien.
On passe une bonne partie dans le brouillard, mais sous les impers il fait pas froid.
Je m'en sors pas trop mal sur ce départ en trombe, à part une première taule presque en haut sur la longue double planche de bois. Rien de grave mais la plaque s'est arrachée du cintre, ça fait juste une belle frayeur nocturne heureusement.
Le vélo va bien, les grandes roues sont plus à l'aise dans les parties roulantes, et tant qu'on a du jus pour les emmener. Je remonte petit à petit vers le devant. Je me doute aussi que je suis pas mal en sur régime, pas besoin de voir le cardio pour le ressentir, mais tant pis je roule au plus fort.

Col du Lautaret, première descente nocturne, on vient de passer à deux mille mètres d'altitude déjà. C'est trempé et glissant bien sur. La vision est bonne mais faut assurer, malgré le peu de difficulté.

Ça dure pas longtemps avant le retour au moulinage.
Traversé d'un ruisseau en bas, le jour pointe mais a du mal à percer encore, On se remet en mode ascension pour approcher le Galibier.
Six bornes de mieux avec beaucoup d'effort à fournir. Tout le long du torrent on enquille les lacets de la piste rugueuse.
A mesure qu'on grimpe, on dépasse la couverture nuageuse pour se retrouver au grand jour au dessus de cette mer brumeuse, et là le spectacle visuel est géant et difficilement traduisible en quelques mots.


Au pied du portage, et surtout tout en haut un peu plus tard, le soleil déborde des sommets et illumine l'immense paysage à ciel ouvert. C'est réellement grandiose ces moments.
Il faudrait prendre le temps de l'apprécier durablement.
Beaucoup de vététistes se disent peut être que ce raid parait bien trop rude pour le tenter, mais juste pour voir ça, aucun effort n'est trop dur et surtout le plaisir d'être venu là à l'aube, efface pour longtemps la difficulté qui vient de se terminer.
Le plus ultra du raid certainement par ici.


Avant d'arriver au sommet du Col du Galibier où vous traversez la route, vous avez le temps d'admirer ceux qui cavalent devant et qui sont déjà suspendu dans le portage en contre jour.
Ça parait un peu surréaliste de voir ce que vous allez devoir faire dans quelques temps. Mais pour se redonner du peps, vous avez aussi en visuel derrière vous toute une ribambelle de vtt qui sont encore bien en bas de la bosse.



Le portage est carrément énorme dans tous les sens du terme. Une rampe naturelle de dix sur l'échelle du rider. Le mollets adorent vous verrez. Seul le vtt bien calé sur les épaules se la coule douce.


Après un petit bout de descente technique et sympathique du python rocheux, on a un premier ravito.

Je zappe l'arrêt pour entamer direct la descente.
Finit les sentiers gelés de l'an passé, place aux singles ultra glissants cette fois.

L'entame de la descente Galibier par la face nord est énorme avec un ou deux passages infaisables pour quasiment tout le monde je pense. Ultra technique, doublé de méga savonné.

Ça continue pas simple ensuite, droit dans les courbes de niveaux sur quelques épingles sévères dans un sentier hyper creusé où on se maintient tout juste sur le vtt.
Les grandes roues de 29 ça fait pas tout, même si on sent plus de stabilité, mais ça remplace pas l'amorto et donc bonjour le remuage perpétuel.
J'ai pas l'impression que j'avance par rapport à l'an dernier et je subis beaucoup le terrain.

La poursuite de la descente se fait plus "douce" si on peut dire et de manière beaucoup plus rapide, tout en restant bien technique. De la rocaille et quelques petits ruisseaux à passer, des marches plus ou moins esquintées mais faisables. Séquence secouage  de rigueur pour espérer ne pas trop perdre de temps.

On suit les flèches de balisage avec un peu de rubalise et des panneaux préventifs de différents dangers ou obstacles. Pour ma part, je me sers aussi de la trace gps en plus, même si parfois elle manque de précision du fait que le nombre de point de tracé a été minimisé.
De toute façon le balisage à lui seul permet de rouler à son aise.

En bas, il fait chaud dès qu'on remet des coups de pédale. Un petit arrêt déssapage est obligatoire maintenant.

Direction Plan Lachat avec ces petits portages rugueux le long du ruisseau.
Je trouve le moyen de me mettre une taule encore. Gentille, pas vite, mais une taule quand même en voulant trop bien faire pour pas perdre quelques secondes. Je dirais presque, bien fait pour moi. Bon pas de bobo et le vélo a même pas eu peur.
Y un gars qui me suit avec qui on s'est dédoublé à plusieurs reprises depuis quelques temps selon le profil, et qui me dit de rester calme et de prendre mon temps. Bon je reste concentré et je dis rien, mais je me dis intérieurement, j'ai pas le temps mon vieux.
En même temps il a raison, surtout que lui est sur la formule Elite.

Y a un petit ravito proche de la cabane du berger un peu plus haut. Je graisse la chaîne et je file pronto.

C'est de la piste maintenant. Elle grimpe au Camp des Rochilles.



On va pas jusqu'au bout, une fois passé une dizaine de lacets, virage à droite dans une monotrace extra vers le Lac des Cerces et bien plus loin et plus haut au Lac de la Ponsonnière.
Toute cette bosse est splendide à faire. C'est un gros morceau physiquement, mais un régal pour les yeux. Les crêtes des Cerces et toutes les pointes rocheuses attirent le regard.
Bon souvent on regarde aussi par terre car faut se l'enquiller le sentier. C'est une alternance de roulage portage qui dure un bon moment. On a parfois de courts passages en descente qui permettent de souffler.
On est quelques uns à se suivre dans ce très bon passage sur ces cinq gros km de sentiers. La bosse en fait une douzaine depuis le bas de la descente Galibier.


Arrivé au Col, encore une cinquantaine de mètres à pousser pour basculer vers le Lac et entamer la plus grosse descente du jour.
C'est reparti pour le passage à l'essoreuse. On descend sur la variante du GR57.
J'ai doublé quatre ou cinq gars en montant, et là j'en vois deux qui reviennent fissa et je les vois pas très longtemps ensuite.
Je descend pas au ralenti mais je me fais bouger de tous les côtés.
Dans mes souvenirs l'an dernier, c'était rude mais excellent et presque confortable par ici. Cette fois, ça me semble beaucoup moins évident.
Descente très technique quasiment tout le temps, des pavasses un peu partout qui te baladent fortement la roue avant. C'est dur de tenir le rythme alors on met un peu plus la pression sur les freins.
Ca n'empêche pas qu'elle est longue et fameuse celle là, Mais je subis pas mal le terrain encore.
Et puis dans la série gaufre à répétition, vas y que je me couche dans la traversée du ruisseau au milieu de la descente. Pff !! Je branle là sur des passages où y a que dalle à par quelques pierres bien propres.
Pas de soucis encore une fois, mais je les enchaîne aujourd'hui. J'ai une bonne volonté de faire au mieux, mais bien sur la tension et de la fatigue déjà qui me font faire des conneries inhabituelles.
Sur la deuxième partie de la descente, je fais d'autant plus attention que c'est encore plus rude techniquement. Le terrain semble avoir changé un peu et j'ai pas le souvenir de ces gros passages enduro la dernière fois.
Qu'importe je fais gaffe et quelques marches à deux pieds se font bien mieux qu'en deux roues.
Le final fuse sur des sentes lisses jusqu'au ravito numéro trois ou quatre je sais plus, y en a partout des tables dans les montagnes.
Celui là je m'arrête quelques petites minutes pour refaire le plein de liquide.



Je le saurais qu'à l'arrivée ensuite, mais à ce moment là je suis deuxième sur la formule raid en deux jours et en sept ou huitième position sur cette journée car il y a aussi des randonneurs qui courent que le samedi.
Remise en selle vers le Chemin du Roy. Un régal de monotrace avec des petits dévers fuyants, des passages en surplomb, deux ou trois traversées de ruisseaux escarpés et quelques brefs portages psycho rigides.
Bref c'est du superbe celui là tout le long avant de plonger dans le petit bois tout en torsades sensass pour arriver sur la route.
Plutôt que de traverser bien sagement la route, on va descendre dans la rivière et plonger dans le boyau qui sert de pont.
De l'autre coté, la partie de glisse continue sur les prairies pour achever de descendre sur la piste principale.

Le temps du jour est en plus du bon côté depuis le départ nocturne. Le soleil se montre régulièrement, même si pas mal de nuages sont présents et on peut rouler en mode été depuis le milieu de la matinée.


Retour vers le Lautaret où on remonte la piste descendue ce matin avant l'aube. J'y vois clair maintenant, mais le physique commence à s'éteindre un peu.

La reprise de hauteur se fait difficilement, j'avance plus très vite sur cette partie.
Ultra dur maintenant, mode gestion activé, on attend que passe la bosse tant bien que mal.
Au col on peut à nouveau se restaurer.
Je prends quelques poignées de secondes pour le coca et trois chips et je sors aussi la plaque pliée dans la poche depuis le début, pour les contrôles de passage. Numéro 216.

Merci pour tout, je repars.

Maintenant c'est la longue descente facile vers Villar D'Arêne. Dans ce sens, c'est extra. Les sentiers se suivent et sont bien lisses quasiment partout. Ça file bon train,
Un bord de route dans le fossé plein de boue, et il faut repasser sous le pont dans le goulet.
Une dernière petite descente plein gaz sur le chemin et on oblique vers la dernière difficulté.
Là encore j'ai pas trop la pêche. Je paye les efforts un peu trop poussés du matin. Trois concurrents du même club me passent et sont sur le même programme que moi, mais pas possible de les accrocher.
Ça grimpe par la route et les pistes cassantes du Lac du Pontet. Quelques séances en portage me permettent de souffler un peu en changeant de type d'effort.



Le sentier revient sous les roues lorsqu'on est en haut et c'est nettement mieux maintenant. L'altitude de croisière par ici est encore au niveau de deux mille mètres.
Toute la prairie jusqu'à L'Aiguillon est un plaisir à dérouler, le glacier imperturbable vous condamne à l'admiration. 
Ultra plaisant encore !! 

Terminé les difficultés, place aux réjouissances. La dernière du jour est facile et bien lisse. Elle serpente à grande vitesse en dévalant le flanc de la montagne. Excellent pour entamer une longue descente jusqu'à l'arrivée.

La portion chemin et route est moins heureuse ensuite, mais il doit pas y avoir beaucoup d'autres options.
On visite au passage les vieilles ruelles pavés du village Des Hyères avant de rejoindre Ventelon,
Soixante deux km environ parcouru depuis le début.
J'ai une pensée soudaine qui me vient en voyant un peu plus loin la bifurcation des parcours et je souhaite bon courage aux riders du raid Elite qui à partir de là, ont encore 50 km pour boucler l'Ultra.
Bye bye Fred, je t'attend à la binouze.

Il nous reste qu'à plonger sur La Grave pour deux km sans difficulté. La ligne d'arrivée est franchie avec un compteur qui affiche 65 km quasiment en 6h50 de temps total.

Rude et belle journée pour ce premier jour.
Plus dure au niveau du ressenti que l'an dernier c'est sur, du fait du roulage débridé depuis le départ, malgré une forme un peu meilleure je pense.
En tous cas, la cinquième place provisoire me correspond.
Un parcours identique, un plaisir toujours présent, des bosses toujours très dures en montagne et aussi cette fois des descentes qui m'ont bien secoué. Le semi rigide va bien, mais il faut un amortisseur en conclusion :-) pour faire la part plus belle encore en descendant.
Bon ça reste faisable avec n'importe quel vélo.

A table maintenant.

Un ravito vous attend sur l'arrivée et aussi un plat chaud, fromage et fruit.
Je suis à l'aise dans cet exercice aussi.
Les concurrents arrivent toute l'après midi plus ou moins rincés par l'effort mais surtout ravis de l'avoir fait.
Les premiers du grand raid en 9h, ça vous indiquent un peu le temps moyen que peuvent mettre la plupart des engagés sur le raid élite, C'est 11 à 12 h d'effort intense pour des gars bien préparés, sinon ça passe pas dans les barrières horaires. 120 partants, 30 finishers, les chiffres parlent d'eux même.

Une aire de lavage vélo est en place, de douches et tout ce qu'il faut pour terminer une bonne journée de vtt. La navette peut vous ramener au village départ récupérer la voiture aussi.

De ce côté là je remercie encore la serveuse d'un des seuls bistros ouverts, qui m'a aimablement emmené chercher la mienne.

Bon et Fred il est où là ? Au combat dans les montagnes. Il termine en fin d'après midi cet énorme périple guerrier. 20 ème place au général, le défi est rempli, bravo !!




On passe en phase récup à l'hôtel, avec une petite mousse méritée avant de retrouver tout le monde autour de la table toujours savoureuse de l'endroit.
La nuit se passe on ne peut mieux avec un bon gros sommeil cette fois.



► Strava -          Ultra Raid de la Meije - Jour 1


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Dimanche matin le départ est à 9h.
Le vtt est propre et fin prêt pour l’épisode deux.
Aujourd'hui c'est "cool". 50 km - 2500 m D+ et un parcours moins âpre physiquement, plus facilement abordable sur le plan technique, mais surtout un pur régal encore un cran au dessus côté ludique et plaisir des yeux.
Et puis le deuxième jour, généralement ça va un peu mieux.



Au starter ça démarre rapide. Les rues du village calment aussitôt les ardeurs.
Je suis pas trop mal, mais je la joue plus prudent que la veille. Pas envie de me cramer trop tôt cette fois.
Il fait chaud, le soleil est déjà bien présent.
Trois cents mètres de dénivelé d'entrée, avec des pentes copieuses, et des mini séries de portage qui donnent le ton. Premier cap franchit au village des Terrasses. Derrière on continue à grimper mais c'est plus soft par la piste.

On rejoint la station de ski pour la petite descente furtive des Plagnes. Extra avec les successions de talus en terrasses à dévaler sur la fin. Aucune difficulté, et une bonne dose de sensations au passage.
Petite pensée au passage avec un bon rétablissement, au gars de l'AC Boulogne Billancourt,qui s'est blessé sérieusement en loupant le dernier virage selon les infos qu'on a pu avoir à l'arrivée.



Une piste nous balade ensuite sur un léger profil montant jusqu'au ravito 1 au pied des cabanes.
Je fait pas d'arrêt, j'attaque direct la longue montée de la Buffe. Je la connais et je me sens bien dans ses secteurs mi portage mi roulage. Je reprends un petit peu de terrain sur des collègues et ça passe relativement bien.
Le seul fait un peu inquiétant c'est le ciel qui a viré du clair à l'obscur depuis quelques temps.
Mais finalement ça restera juste un visuel car y a pas eu de pluie tout au long du parcours, sauf quatre gouttes dispersées et invisibles.

La bosse est longue et se finit un peu plus bas cette année. On monte pas tout à fait comme l'an passé, jusqu'au Cairn situé deux cents mètres plus haut. La flèche de balisage nous stoppe en plein élan ;-), et la trace bifurque un peu avant et on commence à perdre du dénivelé vers cet immense plateau. 

La suite est toujours aussi bonne sur ce profil lisse dévalant  dans le sillon creusé du single. 
Après avoir enjambé le ruisseau plus bas, la trace sauvage défile sur tout un décor placé dans l'axe du glacier. Ouvrez les mirettes autant que possible, ça vaut le coup d’œil sur ce somptueux passage de la traversée de la plaine.
Au bout de cet amusement, on grimpe à peine sur Chalet Josserand avant d'empocher l'extra balle du weekend, à savoir l'énorme descente sur du GR54 sur Besse.
Aujourd'hui c'est ici qu'on est dans l'Ultra !



Un inoubliable et long chapelet de virages en épingles arrondies et très faciles à négocier. Intense, grisant et purement orienté vers un plaisir intégral.
Ça descend fort dans la pente et même si on est à la fête, faut quand même rester vigilant.
Je passe un peu moins vite que l'an dernier c'est indéniable (deux minutes de plus environ sur les trois km d'avalanche), alors que je suis bien physiquement encore, mais le Lyti me remue encore sans ménagement, la fourche est à la ramasse et je fatigue de partout à force.
Le plaisir lui est intact sur ce caviar à rallonge et jusqu'en bas au delà du petit col Nazié, c'est une symphonie quasi inachevée de courbes en tout genre.
La partie finale est bien plus rectiligne et ultra rapide jusqu'à une petite variante pour un piqué direct dans le ruisseau. Chaud bouillant l'endroit sur les herbes hyper humides. Je me stoppe volontairement sur un arbre qui passait par là, pour éviter le passage le plus raide qui peut m'envoyer d'un coup m'allonger dans le ruisseau dix mètres plus bas. Soyons fou raisonnablement.

Un cours d'eau à fraîchir, un chemin qui fuse, un bout de route qui pointe deux minutes vers le haut et nous voilà plongeant à nouveau sur le village de Besse.

Ravitaillement sur la petite place. Je passe mon tour, j'ai encore de quoi faire des bornes.
A la sortie du patelin, petit dénivelé négatif sur le même ruisseau que tout à l'heure. Pas besoin de mouiller les pieds y a un pont cette fois.
On longe la rivière un peu et puis jonction à nouveau avec la route déjà faite y a cinq minutes
A partir de là, ça cause plus. En piste pour la montée qui semble infinie quand on aperçoit ce qu'on doit faire et nous ramène exactement de là où on vient au moment de se précipiter dans la longue descente précédente.
Faut pas connaitre, c'est mieux je crois la première fois.
Bon ça dure que huit ou neuf km et on a vu pire, mais ça compte maintenant dans les jambes.
Je suis pas seul à grimper, même si on est un peu éparpillé, on est six en visuel dans cette partie de manivelles.
Au début j'ai un gars derrière qui grimpe bien et revient à moins de vingt mètres dans les premiers lacets et puis un peu plus haut il perd du terrain de plus en plus. On s'est revu à l'arrivée et il a coincé un peu dans cette bosse.
Quand le décor s'ouvre au premier tiers de la montée, on a toujours face à nous ce visuel sensass des concurrents qui sont eux dans la descente d'avant et c'est un vrai manège animé que de les voir enquiller les virages. Ils sont pas très loin de l'autre côté au moment où on repasse tout proche du Col de Nazié. 

On poursuit toujours cette longue bosse, et je suis plutôt bien au fur et à mesure de la progression. La gestion plus douce du départ me permet surement d'avoir maintenant un rendement idéal.




Et ça se vérifie tout au long de la montée. Je reviens sur les cinq de devant petit à petit, dont Laurent (X Peria) avec qui je termine l'ascension. Comme l'an dernier on est toujours dans des temps de roulage équivalents sur ces deux jours.


Bon nous voilà en haut. De retour sur le Plateau D'Emparis.
Petite pause au ravitaillement. Deux petites minutes tout juste et je repars. 
Quinze km pour terminer, je connais la fin et j'ai la pêche, j'en profite.
Descente rapide dans la pampa, ça sent bon la monotrace sous les roues. Superbe cette petite séquence après la méchante bosse.
Dès la croisée des ruisseaux on reprend de la hauteur. Ça peut se rouler si on a les jambes encore, mais je préfère passer en portage les quelques centaines de mètres à gravir. C'est tout aussi rapide et ça permet de moins puiser dans les réserves. 
Le sentier progresse jusqu'au Col du Souchet et file ensuite sur de la monotrace bien technique vers le Lac Noir et le Lac Lérié
Très bons passages par ici pour peu qu'on ait encore quelques ressources. Un peu de vitesse, des coups de pédale opportuns et ça passe bien entre les rocailles plantées en pagaille.

J'y croise le troisième du raid élite de la veille qui se balade tranquillement avec Madame

Les abords des deux lacs sont superbes et c'est l'endroit idéal pour profiter des paysages.

Il nous reste maintenant quasiment que de la descente jusqu'en bas. J'attaque cette nouveau défilé de multiples monotraces qui dévalent les pentes.
On a le choix, y en a une demi douzaine qui s'entrecroisent très souvent et c'est un pur régal d'en prendre une, de sauter dans l'autre, de revenir dans une troisième etc... Amusement perpétuel.
Gare à la gaufre quand même car il y a quelques ornières bien trompeuse parfois.
Je suis à l'aise, mais je me fais quand même passer par l'indien dans ces superbes séquences très rapides et j'arrive pas à rester au contact. Je connais pas son prénom, mais comme il a une plume sur le casque, le qualificatif est tout trouvé. Ils sont trois visiblement de ce club et ses deux collègues cavalent plus encore devant depuis le départ du matin.
La descente de la station de ski se poursuit un peu plus loin dans une pente beaucoup plus prononcé. Trop trop bon celle là à nouveau. Un single enrubanné tout au long de la piste, un grip excellent pour un slalom géant jusqu'au petit hameau bien plus bas.
Une merveille de plus.
C'est fabuleux la Meije je vous dis, et particulièrement le dimanche ou la deuxième moitié pour ceux qui le font d'une seule traite le samedi.



On desserre les plaquettes pour remonter au Chazelet. Ça grimpe sec d'un coup, les muscles adorent.
C'est heureusement très court.
Gaz ensuite sur la Chapelle solitaire pour la dernière descente. Et pas la moindre.
Une vraie dinguerie pour la fin.
Un km pour trois cents mètres de négatif et trois ou quatre passages monstueurs.
Une bonne demi douzaine de bénévoles sont là pour prévenir du danger qui est bien visible.
J'imagine mal des vététistes arrivant à ce stade du raid, se jeter dans ces passages en prenant le risque de se blesser sérieusement et bien plus encore.
En mode piéton ça passe bien et rapidement pour les quelques difficultés bien trop dangereuses.
La fin se fait sans trop de problèmes sur le sentier bien pentu.

On touche la route pour le dernier km et arriver sur la dernière surprise pour ceux qui connaissent pas. Un portage clair, net et sans appel. Rude jusqu'au bout, mais respirez un bon coup, ça va être bientôt finit après quelques ultimes zig zag entre les passerelles.
Cents mètres plus loin c'est la ligne d'arrivée.
Pas tout a fait cinquante km, mais quel plaisir de l'avoir finit.
4h30 de bonheur ajouté et des souvenirs pour longtemps encore.
Coté classement, sixième du jour et cinquième au général avec un temps total de roulage meilleur que l'an passé, c'est parfait comme final et ça me convient. Pas moyen de faire mieux.



Le repas est prêt comme la veille et l'ambiance toujours identique.
Deux jours splendides et ultras musclés en sensations diverses. Un raid toujours marquant pour chacun des participants.
Moi j'ai eu une surdose de plaisir encore.

En vtt, on a tous nos parcours et épreuves fétiches ou préférées, quand toute l'année sur tous les terrains et dans diverses régions on se régale à pédaler, mais en montagne en général et ici à la Meije, c'est là que ce sport loisir prend encore une dimension nettement supérieure dans le plaisir, l'effort et la passion qu'on y trouve ou qu'on peut y mettre pour aller au bout de soi, au bout du sentier, et au bout du compte y trouver chacun une satisfaction intense et personnelle.
Encore une bonne raison au fait que le vtt existe, c'est aussi pour vivre ces moments et parcourir ces endroits magiques.

Je salue tout le monde au passage.
Ravis d'avoir connu la Fegnasse et Walter du club de Levens, plus tous les autres qui se reconnaîtrons, que j'ai pu voir ou revoir.
Bien joué a Samantha (X Peria) pour sa perf en tête du dimanche et bravo à tous les participants qui ose tenter cette très belle épreuve vtt, en un jour ou deux et qu'on y arrive ou pas (ça fait une raison de plus pour y revenir), chacun doit y trouver du plaisir bien au delà des moments très très durs à passer.
J'ai discuté samedi soir avec des gars du Loir et Cher qui admettaient clairement que ça n'étaient pas pour eux ce genre de plan extrêmement dur (même sur deux jours) car par chez eux, c'est le plat qui domine le plus, mais il faut tenter malgré tout de se préparer (car ça tient juste à ça les grosses épreuves vtt) et de revenir profiter des paysages alpestres au travers de circuits dont on peine à imaginer le renvoi de plaisir, lorsqu'on n'y pas été au moins une fois.



Enfin un dernier mot qui reste un des plus importants. Merci à Jean Paul Routens et toute son équipe de bénévoles qui se surpassent pour être un peu partout sur les deux jours et qui composent une bien  belle partition avec les petits ou les grands tracas d'une telle organisation, et tout ce que ça implique derrière pour faire au mieux.
Un très grand merci plein de sympathie et de reconnaissance à tous.

Bon voilà j'arrête pour ce coup ci avant de recommencer une autre fois, au risque de me répéter.
Ultra tout ce que vous voulez, mais pas extrême, et c'est là que c'est excellent le Raid de la Meije !!
Au plaisir d'une prochaine, en 2015 très certainement.


► Strava -          Ultra Raid de la Meije - Jour 2


































Causerie :

  1. Trés beau compte rendu,en te lisant,je m'y revois encore à crapahuter toutes ses montées et devaler ses magniques descentes.
    Super week-end vtt de pure folie.
    Merci yves
    Christophe (de la jean racine)

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  2. Au plaisir Christophe, y en a encore de belles à faire ou à refaire :-)

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  3. Merci pour ce CR Yves ! Je regarderai ça ce soir avec délectation :D Tu as vu que tu as un record Strava sur le parcours ? Bravo !

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  4. Salut Walter
    Je suppose que tu es le pote à Thierry Issandou de Levens.
    Oui j'ai un KOM c'est sympas, mais faut relativiser :-), tous ceux qui ont fait le raid ne sont pas sur Strava...

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    1. Oui c'est moi. Pas encore vu Thierry pour échanger sur la course. au passage comme tu semble t'y connaître en matos: je viens d'acheter un Lapierre X-control 329 et je veux le passer en mono-plateau. Je pensais à du 28/42. Pour la trans/ le raid de la Meije, qu'en penses-tu ? c'est bon ? tu aurais un plan pour un plateau ovale sinon (prix raisonnable ;) ). thx a+. Walt.

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