Roc Quercynois

29 mai 2011

Tous les jours en i, c’est permis. Sauf que tout le monde fait ça le dimanche
On parle vtt bien entendu. Encore et toujours, les dimanches se suivent et se ressemblent.
Surtout que ça en fait trois au mois de mai qu’on se retrouve dans le Lot pour laisser libre cours au plaisir intense de rouler dans le vert du décor; Bretenoux, La Rozière et Brengues.


Bon d’accord à la Rozière j’ai pas roulé tout à fait comme d’habitude, mais j’étais en deux roues malgré tout, et puis je l’avais déjà fait.

Dimanche 22 mai donc, on s’est retrouvé embringué pour le Roc Quercynois de Brengues, un petit village sympathique au bord du Célé dans le parc naturel des Causses du Quercy situé entre Cajarc et Figeac.
C’était la troisième édition de cette rando raid organisé par le comité des fêtes.

La dictature du club avait fixé l’horaire de rendez-vous à 5h45 pour être sur place vers 8h.
Trajet sans histoire pour 7 Maillons, deux sont déjà sur place dans l’attente (la tente?) des autres.
Tout comme à Bretenoux quinze jours avant, on n’était jamais allé rouler dans ce coin du département.
Ç’est pas la porte à côté certes, mais bon quand on aime on compte pas.
Et puis on n’est pas seul, car 300 vététistes au moins ont fait pareil.
Le départ est au camping bien placé et facile d’accès au bord de la rivière.
Le beau temps est annoncé selon les sources météo, mais c’est pas le grand soleil.
Des nuages pas trop rassurants se baladent un peu plus haut.
Le temps de se préparer, passer par les formalités d’usage et compléter le petit déj, on se positionne sur l’aire de départ. Un départ groupé à 8h30.
Les parcours au choix sont multiples et pour tous les gouts.
Les deux premiers plutôt légers avec 18 et 31 km, mais jusqu’à 950m de D+ déjà.
Les autres sont déjà plus copieux sur le papier.
De 48 km avec 1500m, 67 avec 2100 et le morceau de 1ère catégorie avec 84 km et 2650m pour aiguiser les gambettes.
Les options petits parcours étant interdites au club, on opte tous pour le grand.
On verra ensuite selon la forme quand il faudra bifurquer.

Ça démarre gentil mais pas trop, juste ce qu’il faut pour chauffer.
Un ou deux km de bitume, un petit hameau et hop le premier chemin suivi très vite d’un single bien comme il faut dans les sous-bois.
Sur les vingt-cinq premiers km, la moyenne est plutôt élevée car le parcours est roulant.
Je m’attendais plutôt à ce que ce soit plus technique ou pentu, mais non c’est des chemins et pistes qui alternent dans les bois et les collines.
On a quelques petites monotraces et des bouts de descentes sympa mais dans l’ensemble c’est plutôt roulant.
Les bosses sont pas violentes sur cette première partie, mais vaut mieux rester calme dans ces montées peu pentues,
car elles sont toujours assez longues et consomment pas mal de jus.
Paysages sympathiques sur les plateaux entre la vallée du Célé et celle du Lot un peu plus loin.
Pas de souci pour suivre le balisage matérialisé par des panneaux directionnels, de la bombe de chantier et des rubalises.
Premier des six ravitos au bout de 12 km environ.
D’habitude je fais l’impasse si c’est trop près mais là je m’arrête pour un coca et quelques bricoles.
Sucré salé, y a tout ce qu’il faut pour caler les estomacs.

La reprise se poursuit sur le même type de terrain, pas de gros dénivelé encore, et je me dis au fond que les 2600m n’y seront pas à la fin normalement, plutôt 2000, 2100.
Y a pas grand monde sur les sentiers, on est trois ou quatre à rouler plus ou moins groupé selon la forme de chacun.
Ca chôme pas malgré tout et personne se promène peinard.
Km 27 environ, on enquille une belle monotrace durable et sensass, à profil descendant
et on file bon train vers la descente sur Marcillac.
Le relief est plus prononcé maintenant et on va attaquer la partie du raid la plus difficile avec des difficultés jusqu’à la fin, puisqu’on alternera entre les hauteurs et les bords de la rivière.
On passe d’abord au ravito deux avec un petit portage pour y arriver sur une monotrace truffée de cailloux qui rendent la progression très dure sur la selle et inutile presque car l’énergie perdu à vouloir passer à tout prix se paiera cash sur la fin.
Le photographe posté là pour l’occasion n’est pas au meilleur endroit, sauf à vouloir prendre que des gonzes à pied.
Prenez le temps d’admirer le point de vue quelques dizaines de mètres après le ravito.
On fait passer la faim et on s’y remet sur un chemin de quelques centaines de mètres et puis, plein gaz à gauche vers en bas.
La première vraie descente. Pas trop technique, mais bien pentue par endroits avec un paquet de virages serrés où on tourne au frein.
Quelques marches qui s’avalent à fond. Attention les arbres qui passent un peu trop prés.
Du tout bon sur la longueur cette descente. Ça va vite et on apprécie sans ménagement.
En bas on se jette sur la route pour rejoindre Marcillac, charmant patelin de la vallée avec ses habitations en pierre très anciennes.
On a tôt fait de traverser, et on se remet vite à reprendre du positif vers les hauteurs.
Du single et des chemins pour continuer la progression, entrecoupés de route parfois descendante (sniff).
Les nuages gris noirs sont toujours bien présents, on espère que la pluie ne va pas s’y mettre.
La température est idéale pour pédaler, et pas trop transpirer dans les bosses.

On est toujours au-dessus du Célé sur les GR boisés dans un décor toujours agréable.
La descente sur Saint Sulpice est pas vraiment amusante sur une piste large avec de la caillasse fuyante.
Ça descend vite pour retrouver du goudron à l’approche d’un ancien moulin.
On longe la rivière rive gauche pour rejoindre le village.
Un petit pont pour changer de rive et on trace sur un superbe chemin sentier dans les tunnels végétaux proche de l’eau.
Il fait bien sombre par endroits sur ces passages. Deux ou trois km forts sympathiques autour des méandres.
Quand on quitte les bords de l’eau, c’est pour reprendre un peu d’altitude et revenir sur Brengues où le parcours de 48 km s’achève.
Je roule seul depuis un bon moment déjà avec en point de mire David, un gars du club Tripotes et Mascagne. Il roule mieux que moi et je le rejoins parfois au bas des descentes et sur chaque ravito.
Devant nous deux il y a un gars qui fait le 67 km et qui nous a doublé depuis un moment,
et derrière je sais pas trop où en sont les Maillons éparpillés.

Les ravitaillements, il vaut mieux ne pas les manquer, le programme du jour demande d’avoir suffisamment de réserve pour éviter les baisses de régime.
Au village, on tire droit vers le 67 et 84, y a encore du chemin à faire et les bosses reviennent à la charge avec d’entrée un portage copieux sur un sentier qui mène vers le Château des Anglais.
On se dirige tout droit vers le plus beau passage de ce raid, plutôt raide maintenant.
Au détour d’un sentier, on se retrouve à passer sous une porte en pierre plutôt insolite.
Un simple mur de pierres au milieu de la trace avec une porte voutée sous laquelle vous passez tranquillement.
Bon ça c’est fait.
Le sentier est réellement superbe à 150 ou 200m environ au-dessus de la vallée.
Les yeux sont à la fête tout le long et ce qui arrive un peu plus haut est encore meilleur pour les mirettes.
On passe contre les barres rocheuses et même carrément sous les voutes des falaises ou vous frottez l’épaule gauche par moments.
Superbe et rare de tels passages. Sur la droite par contre, faut pas y mettre la roue, car c’est du vertical pur et sans sommation.
Il n’y a pas de danger malgré tout à rouler sur ces somptueux sentiers.
C’est un pur régal, on ondule irrégulièrement entre les pierres, ça passe quasiment partout et le visuel est splendide.
On en sort pour accéder au ravito quatre il me semble, y en a un paquet et j’ai perdu le compte.
Un point de vue magnifique encore sur le village d’Espagnac Saint Eulalie.
Mon compagnon de roulage est déjà là depuis une bonne minute au moins et on prend le temps de refaire le plein car la faim est bien présente.
Surtout, il reste près de 30 bornes encore.
On repart avant que je finisse l’assiette de fromage.
La descente qui arrive semble extra vu d’en haut.
Une fois dedans c’est énorme. Les gars du ravito nous avaient dit qu’il avait des passages difficiles.
Effectivement de grosses marches apparaissent bien vite peu après l’entame.
Mais ça passe malgré tout, avec un peu de technique on s’en sort.
Cela dit c’est chaud bouillant et attention à bien mettre la roue avant là où il faut. L’arrière suit toujours.
Passé cette zone trialisante, on se cale bien pour que ça dépote un maximum.
Rapide et joueuse, c’est un grand moment de descente jusqu’au village. Il en faudrait des km comme ça.
Espagnac, encore un site touristique de la vallée certainement.
On traverse le Célé une nouvelle fois pour traverser le patelin.
On se doute de la suite, ce sera orienté vers le haut.
On se remet à mouliner pour prolonger l’aventure et se remettre du D+.
Ça commence à tirer dans les jambes, ce n’est pas franchement des grosses côtes violentes
mais plutôt des longs morceaux avec un pourcentage pas énorme mais qui use un max le physique. Toujours en prise.
Je roule avec mon compagnon d’échappée qui lui est plus facile et reste dans mon allure.
On peut du coup en profiter pour parler un peu et faire passer les km un peu plus vite.
Sous-bois, sentiers, chemins, caillasse, monotraces joueuses dans les arbres, c’est le décor du périple de ce Roc Quercynois 2011.
Les km s’ajoutent et le dénivelé augmente au fur et à mesure de la progression.
La dernière bifurcation arrive. 67 à droite et 84 à gauche sur la piste montante.
Si vous partez à droite, il doit rester environ six ou sept km pour rentrer.
À gauche, c’est une petite vingtaine environ pour finir la Brengues et encore 500 bon mètres de D+.
On est venu pour la totale, donc coup de cintre à gauche pour la dernière boucle.
Et on continue sur les pistes forestières et les chemins lotois.
On enquille une descente pas heureuse, sur une piste large avec du vieux goudron et des graviers, si je me souviens bien.
On a un dernier ravito en pleine nature pour faire une courte pause.
La courbe de dénivelé est affiché et on voit qu’il reste encore deux trois bosses dont une qui a l’air copieuse.
On repart pour la partie finale. Pas trop de répit sur ce parcours, les pistes boisées se succèdent en montant légèrement ou en descendant.
Un peu plus loin, descente plutôt roulante et large sur un chemin.
Ça permet un peu de récupération.
Le temps nous laisse peinard, il fait pas très chaud et c’est bien comme ça.
En bas, on est quasiment à 80 bornes, ça sent la quille.
Un bout de route qu’on quitte de suite pour se cogner la dernière bosse. Aaarg !!!
D’entrée on sent le traquenard, et on voit surtout qu’on pourra pas rester sur la selle bien longtemps.
On tente malgré tout mais c’est peine perdue.
Trop de pente, de fatigue dans les jambes et de caillasse fuyante sous les roues pour tenir le cap.
On s’interroge même sur la nécessité de cette bosse dans le final, en espérant qu’on ait droit à un joli final bien coloré et tout en négatif.
Ça monte, ça monte et on est au pédestre pendant cent cinquante mètres environ.
Passé un virage à gauche, on peut se remettre en selle pour terminer l’ascension.
Quand on débouche tout en haut, il manque plus qu’à descendre le village d’arrivée.
Finalement on a bien fait de se farcir la bosse, ça aurait été dommage de louper le dessert.
On se fait pas prier pour se jeter dans le grand plongeon. Une monotrace rapide et un peu technique.
Un ou deux virages secs, un passage trial avec de grosses marches et dès que la voie est libre, plein gaz.
Superbe encore et grisant pour peu qu’on soit bien lucide pour apprécier et assurer la descente.
Dans la vallée, on traverse le hameau de Merlet
et il reste environ deux km à dérouler peinard sur un chemin, puis la route en bord de rivière pour terminer ce joli raid lotois.
Le pont qui enjambe le Célé, une dernière fois et le camping d’arrivée pour passer sous la banderole.

Au final, les données de mon gps confirment les valeurs annoncées. 83 km et 2500m de D+. 5h13 de roulage (moyenne 15.9).
Un parcours éprouvant qui semble roulant sur le début mais qui finalement présente un sérieux dénivelé.
Mis à part deux ou trois descentes qui sont très roulantes sur pistes larges ou vieux goudron,
(peut être fouiller quelques variantes joueuses qui existent certainement), c’est du bon vtt dans un décor très varié et une belle aventure, rude et très jolie.
Un déplacement qui vaut le coup sur un site où le visuel apporte une valeur ajouté superbe au parcours.
Et puis la jeune organisation brenguoise progresse chaque année par rapport au divers CR qu’on peut trouver.
En tous cas, on reviendra très certainement pour en remettre une couche dans le futur.

Bravo et merci aux organisateurs.
Et merci à David aussi avec qui j'ai pu roulé sur la dernière moitié.


Causerie :

Taper la causette :-)