Berlou 2012

10 mars 2012

"Good Vibrations" in Berlou

Tout comme le titre de ce gros tube des Beach Boys, ça pourrait être aussi celui de cette superbe journée vtt, orchestrée par le maestro biterrois Espoulid
Une partition impeccable pour les six boy’s réunis pour cette aventure d’un jour.

On fuit la ville à l’aube pour se diriger vers ce petit village planqué au-dessus de Saint Chinian.


Deux heures trente d’approche avec le Scénic Cannondale pour poser les roues dans ce petit bourg de l’Hérault.
Vingt trois maisons en pierres à peine, toutes biens charmantes à découvrir au travers des ruelles, une auberge, une cave à vin et une église plutôt moche dixit le chauffeur du véhicule sus cité.
Les forces en présence, Fred (Espoulid), JYves, Jean Mi, Julien, Pascal et moi.
Les montures sont vites déstockées des voitures pour engager la partie.
On a un Cannondale tout de blanc vêtu, customisé (Yeah !!) et bardé de caméra, un Giant, un Scott, un Trek, un Yeti, et un superbe Merlin (pléonasme).

Le programme du jour propose environ 60 km et 2500m D+. Ça va pas être que de la promenade donc.
On tourne les manivelles à 10h du mat. Oui oui 10h ! Ça m’est jamais arrivé je crois de partir aussi tard en vtt.
2 petit km de route en préchauffage avant de prendre la piste montante qui se tortille durant 8 km. 400m D+ pour débuter dans le bon rythme.
Le soleil est avec nous mais aussi une très forte tramontane qui sait se positionner pour t’en faire baver pleine face.
Le tarif horaire de la bosse, c’est une heure environ avant d’atteindre le col de la Bacoulette.
un passage qu'on va revisiter à trois reprises dans le périple.

Pour éviter de commencer à nous massacrer d’emblée, Fred nous invite dans la première descente soi-disant cool.
Très bien pour la mise en bouche d’ailleurs, avec peu après le début des hostilités, une séquence rondins de bois qui te secouent plus que de raison.
Pas simple à négocier tellement ils sont rapprochés. OTB quasi garanti à un moment ou à un autre si on insiste trop.
Joli décor entre les chênes et sur des monotraces sauvages.
La suite est du tout bon avec des passages bien raides, une série d’épingles et des morceaux plein gaz pour finir.
Petit ruisseau tout en bas qui permet de retrouver un peu de calme après ce premier passage vibrant.
On remonte de nouveau vers le col par une autre piste relativement courte, avant de poursuivre sur de la pente bien plus raide et terminer la bosse jusqu’à la vigie.
Altitude 700m et point de vue tout azimut.
Splendide ! Les méandres de l’Orb serpentent 600m plus bas.
Par temps clair, le regard se perd sur la mer et jusqu'au Canigou.
Comme ça caille un peu là-haut, on s’éternise pas.

On remet le casque pour se faire un morceau de 1er choix,
les diodes des caméras passent au rouge clignotant et c’est parti dans le grand plongeon du jour.
Une descente rugueuse, très pentue et hyper instable.
Tout en glisse la plupart du temps, dans une trace qui mélange la terre et le schiste, creusé par les eaux et les multiples passages de roues, l’entame est rude.
Difficile de doser la bonne vitesse, les virages très techniques et l’équilibre souvent précaire.
Très gros morceau qui bouge bien. 300m en longueur et 100 m de dénivelé en moins déjà.
Ça plaisante pas. Partition hard rock.
Passé l'orage, on peut engager à bonne allure cette descente avec des séances rapides entre les arbres, quelques murs encore à franchir, du dévers et des passages marteaux piqueurs sur la caillasse.
Plus bas, la vitesse augmente sur quelques passages en balcon, toujours secoués par la pierre tranchante et meuble de la région.
On s’arrête pour regarder derrière par-dessus l’épaule et se rendre compte de ce qu’on s’est mis depuis là-haut.
Il faut carrément lever les yeux très haut pour revoir l’antenne de la vigie.
JYves en profite pour positionner son matos et faire des plans fixes. Vivement la vidéo.
On termine ce premier grand moment qui nous a ramené 400m plus bas, sur le petit hameau de Mézeilles
pour la pause repas paisible à côté d’un petit cours d’eau. Que du bonheur quoi !

Pour se remettre en mouvement, un petit sentier bien agréable sur quelques centaines de mètres.
Le retour vers les hauteurs, dans cette région il n’y a pas trente-six solutions, c’est soit de la piste soit de la route.
Pas possible de prendre des monotraces qui se feraient quasiment en portage tout le long.
Et le mieux c’est de les garder pour les descendre.
D’ailleurs dès qu’on enquille la suivante, c’est le must de la journée. Rock’n roll attitude celle-là.
Plus "facile" que la précédente globalement, avec moins de gros technique mais quel régal que ces enchainements en enfilade.
Plus rapide la plupart du temps, mais souvent on plante tout avec les freins car les virolos entre les cailloux sont plutôt gaillards
et faut jouer les équilibristes. Énorme et géante ! Dingue ce spot.
Enfin quand tu penses que ça se calme un peu, Fred te fait traverser une piste pour prendre en face et te remettre une secousse tumul… tueuse.
Dalles de pierres ultra vibrantes, séances techniques où on tente plusieurs fois la passe pour arriver à franchir, waouh c’est quand qu’on s’arrête ? Ca abuse dans le plaisir par là.
Il est conseillé de pas toujours laisser le cerveau branché, faut mettre en off parfois.
Les fourreaux sont au taquet enfouis dans les plongeurs de fourche et ça sent la plaquette cramée.
Quand ça devient moins chaud, on remet du gaz pour de nouvelles sensations fortes.
Très fort ce parcours.

Tiens un village avant de remonter. Ornac.
Me demandez pas de vous y conduire, je serais pas capable peut être de le retrouver.
Après ces instants de bonheur perpétuel, on en revient à une séance de pédalage qui va nous occuper pendant sept bornes au moins, jusqu’à revenir à notre col dumatin en fait. Une montée plutôt régulière, pas de pente trop forte, ça se fait tranquille mais ça use quand même le bonhomme.
Revenu sur la partie haute, on poursuit avec une liaison d’une bonne dizaine de km sur les pistes qui ondulent plus ou moins.
La tramontane nous laisse que très peu de répit et nous attaque souvent sans préavis.
Le final de cette liaison se fait sur quelques sentiers joueurs avant de dévaler une nouvelle monotrace plus qu’appétissante.
Le chef nous gâte aujourd’hui.
Plutôt rapide dès le début, on s’enfonce ensuite dans des passages encore bien tendus et raides.
Ça passe quasiment partout il me semble, y a tellement de bonnes et belles choses que c’est pas possible de se rappeler de tout.
Mais là encore, on s’en donne à cœur joie pour se régaler dans ces superbes descentes
et ça vaut le coup de se mettre de bonnes bosses au préalable.

Traversée d’un petit bled en bas, et cap vers la dernière difficulté du jour. 3km de piste irrégulière, avec des pentes plutôt raides souvent.
En fin de journée c’est pas simple, surtout avec ce satané vent qui faiblit pas.
Les pistes ne sont pas très lisses, avec beaucoup de petites caillasses furtives et le rendement sous les roues n’est pas optimum.
Au point haut, une petite liaison nous emmène sur la petite dernière du jour.
Monotrace discrète mais vibrante encore qui achève de mélanger les plaisirs.
Rapide et truffée de schiste en tout genre. Y a pas plusieurs techniques sur les cailloux bondissants, il faut aller le plus vite possible et essayer de les survoler sans leur laisser le temps de s’organiser,
sinon ils te bougent d’un côté à l’autre et attendent que tu te vautres.
On n’est pas toujours à la fête là-dedans, et en plus la séquence dure un long moment.
Le village d’arrivée enfin, pour finir la balade en beauté dans les petites rues.
Même pas besoin de la frontale, la nuit est encore loin :-)
Sensass !

Une virée de 58 km avec comme annoncé 2400m de D+. Du beau travail pour se mettre en forme.
Mon Garmin m’a fait une pointe à 52km/h, il me colle 4:59:58 de roulage et 2h00 d’arrêt.
Super circuit, ludique, physique+, technique+++, extra, terrestre et trop fort niveau sensations quand on se met dans le bon sens.

Un ride en groupe très homogène, à refaire dès que possible sur un nouveau spot dans cette région inconnue pour moi, mais qui regorge certainement de tonnes de parcours inoubliables.
Tiens, j’emprunte un mot à JPR31… MIAM, et je l’écris en gros, que dis-je en énooorme.
Merci les gars. Bravo Fred.
Elle est belle celle-là. En Occitan on traduit par « espoulid aquello » ou quelque chose qui s’en approche.
Et c’est vrai qu’elle était belle.


Very good vibrations à Berlou

Causerie :

Taper la causette :-)